1869
1869
Quatre designers internationaux se sont immergés dans l’univers du peintre, sans rien perdre de leur identité pour produire une série de 9 pièces en céramique donnant à voir ce qu’Henri Matisse évoquait pour eux 150 ans après sa naissance.
En conjuguant des points de vue, des cultures et des pratiques différentes au sein d’une seule et même collection, Maison Matisse réalise aussi l’un de ses vœux : agrandir sa famille et écrire une histoire cosmopolite. Les inspirations des designers témoignent de cette richesse de perspectives.
Figure tutélaire du mouvement Memphis, Alessandro Mendini a ainsi fait parler sa maîtrise des couleurs en s’inspirant du répertoire formel d’Henri Matisse. À ses côtés, le designer Jaime Hayon, en s’inspirant de la nature et d’un monde marin fantastique, a retrouvé la céramique avec une passion non dissimulée, tandis que Ronan et Erwan Bouroullec ont vu dans cette collaboration l’occasion d’exprimer, à travers une retranscription de l’idée de la fenêtre ouverte, thème pictural cher à Henri Matisse, leur admiration pour la sensualité de l’œuvre du peintre.
Pour toute demande concernant les objets de la collection 1869 vous pouvez prendre contact directement avec la Galerie Negropontes.
« L’une des choses que j’admire le plus dans le travail de Matisse est l’utilisation de la couleur si bien intégrée, si particulière, utilisée de manière magique. Elle reflète à la fois les traces de différentes cultures et le parcours dynamique et riche d’une vie unique.
Le point le plus important que j’ai l’impression de partager avec Matisse est la passion pour la Méditerranée : la nature, la mer, l’imagination et la capacité de rêver. »
« Le choix et l’utilisation de bleus et d’oranges me rappellent les médinas, les fleurs d’oranger et les marchés d’Afrique du Nord. Des codes comme ceux-là me transportent dans une Méditerranée chargée de force et de magie. Je suis un fervent admirateur de son style et j’y ai toujours trouvé une véritable source d’inspiration. Avoir l’occasion de transposer l’inspiration que je trouve dans son travail dans ma cosmographie personnelle a été très enrichissant. »
Jaime Hayon
« Si je ferme les yeux et que je pense à Henri Matisse, le premier mot qui me vient à l’esprit est pureté, et le second est lumière. Matisse est un esprit et un peintre pur, solaire et total. »
« Pour moi, les éléments sur lesquels il travaille et fait jouer son imagination sont les feuilles des plantes dans leurs vases, les espaces domestiques avec leur mobilier et leurs objets, les femmes nues et habillées, le tout entrelacé au sein d’une spatialité décorative ornée d’arabesques. Tout rapport, toute empathie entre moi-même et le monde figuratif de ce grand personnage ne pouvait que partir d’un objet, et plus précisément d’un vase. »
Alessandro Mendini
« Cette série de vases retranscrit l’idée d’une fenêtre ouverte sur l’extérieur, un thème pictural souvent présent dans l’œuvre de Matisse. »
« Cet assemblage de formes et de matières produit un ensemble vibrant, une scène d’intérieur ouverte sur un paysage de lumière éclatante. Pour reconstituer l’image d’une fenêtre au travers de laquelle on aperçoit un paysage, la terre cuite, l’aluminium anodisé et la céramique émaillée ont été associés dans une combinaison de trois formes.
La plaque d’aluminium anodisée, vibrant à la lumière, devient un ciel azur. La margelle de la fenêtre prend la forme d’une brique en terre cuite. Un cylindre de céramique émaillée vient recevoir des fleurs fraiches. »
Ronan et Erwan Bouroullec
Jaime Hayón incarne l’énergie créative du design contemporain. Après des études de design industriel à Madrid et Paris, il fonde son studio en 2004. Son univers, à la fois ludique, baroque et sophistiqué, fusionne artisanat d’exception, pop culture et références historiques.
Ses créations se distinguent par des courbes généreuses, des couleurs vives et des détails narratifs. Collaborant avec des marques prestigieuses, il réinvente aussi bien le vase que la chaise, comme sa Showtime (2007) ou sa Frog (2015). Influencé par le surréalisme et le street art, Hayón brouille les frontières entre art et objet fonctionnel. Ses pièces, exposées dans les plus grands musées (MoMA, Victoria & Albert), célèbrent la joie et l’imagination.
Alessandro Mendini (1931-2019) a révolutionné l’esthétique du XXe siècle par son approche radicale et humaniste. Formé à Milan, il s’engage dans le Radical Design, rejetant les dogmes fonctionnalistes pour un art engagé, poétique et souvent ironique.
Cofondateur de l’Atelier Mendini et directeur des revues Casabella et Modo, il théorise le re-design : détourner des objets banals (comme sa célèbre Proust Chair, 1978) pour en révéler la beauté cachée. Ses créations, aux couleurs vives et aux formes géométriques, mêlent artisanat, industrie et art, avec des collaborations marquantes (Alessi, Kartell).
Pédagogue et théoricien, il défend un design accessible, porteur de sens et d’émotion. Lauréat de deux Compasso d’Oro et du Prix Européen de l’Architecture, son héritage continue d’inspirer.
Diplômés des Arts Décoratifs de Paris et de Cergy-Pontoise, Ronan (né en 1971) et Erwan Bouroullec (né en 1976) unissent leurs talents en 1999 autour d’une exigence commune d’équilibre et de délicatesse. Leur travail explore des univers variés : mobilier, architecture, objets du quotidien et textiles.
Leur percée débute en 1997 avec la Cuisine Désintégrée (Capellini). Suivent des collaborations prestigieuses avec Issey Miyake, Vitra et Magis puis avec Alessi, Flos, Iittala ou Artek. En parallèle, ils signent des réalisations architecturales et des installations, dont le lustre Gabriel au château de Versailles.
Primés à l’international et exposés au Centre Pompidou, au MoMA ou au V&A, les frères Bouroullec redéfinissent le design contemporain, alliant rigueur industrielle et poésie artisanale.