Henri Matisse

« L'optimisme de Matisse, c'est le cadeau qu'il fait à notre monde malade,
l'exemple à ceux-là donné qui se complaisent dans le tourment. »

Louis Aragon

Henri Matisse dessinant

Henri Matisse

Maison Matisse

C'est à 20 ans qu'Henri Matisse découvre la peinture et convainc ses parents d'abandonner le droit pour venir se former à Paris. Il entre en 1892 comme élève libre dans l'atelier de Gustave Moreau à l'École des Beaux-Arts qui perçoit rapidement les qualités de son élève et annonce : « Vous allez simplifier la peinture. »

Photographie du peintre Henri Matisse

Au tournant du siècle, Matisse s'intéresse aux recherches des néo-impressionnistes et se rapproche de Signac auquel il rend visite à Saint-Tropez ; de cette rencontre naîtra Luxe, calme et volupté (1904). Matisse passe l'été 1905 à Collioure en compagnie de Derain et produit les premières œuvres fauves exposées cette année-là au Salon. Cette libération de la couleur pure « ce n'est pas tout, mais c'est le fondement de tout : c'est l'énergie » (Claudine Grammont, Tout Matisse, Éditions Robert Laffont, 2018, page 557). Henri Matisse devient alors le chef de file de l'avant-garde parisienne et expose l'année suivante Le Bonheur de vivre au Salon des Indépendants.

Descendant d'une famille de tisserands du Nord, Henri Matisse montre toute sa vie une grande sensibilité aux textiles de toutes origines. Il les chine chez les brocanteurs, formant l'embryon d'une collection d'objets variés, allant des céramiques islamiques aux sculptures primitives en passant par des pièces de mobilier divers qui composent « sa palette d'objets ». « L'objet est un acteur dit-il : un bon acteur peut jouer dans dix pièces différentes, un objet peut jouer dans dix tableaux différents un rôle différent. On ne le prend pas seul, il évoque un ensemble d'éléments » (Dominique Fourcade, Ecrits et propos sur l'art, Éditions Hermann, 1972, page 247c). Cette ouverture sur le monde, ce métissage des sources, s'enrichit au fil des voyages de l'artiste, nourrissant sa réflexion plastique et l'iconographie de ses œuvres.

Soutenu par les collectionneurs, marchands et critiques d'art, il peut désormais créer les œuvres de grandes dimensions à vocation décorative auxquelles il aspire. Une conception non hiérarchique de la surface, un attrait pour l'esthétique monumentale et une volonté d'un art accessible, deviennent des éléments essentiels de son œuvre.

Fin 1917, Henri Matisse découvre Nice. Séduit par le climat et la lumière, l'artiste s'installe progressivement au bord de la méditerranée et lui restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie. Installé dans un espace restreint qu'il sature de textiles et d'objets, il crée un dispositif propice à sa créativité dans lequel il peint, dessine, grave et sculpte des odalisques, se confrontant sans relâche à la représentation des volumes du corps sur un fond ornemental.

En 1930, à 60 ans, il entreprend une série de voyages qui le mènent à Tahiti et aux États-Unis à plusieurs reprises. La découverte des grandes villes américaines, le contact avec la nature sauvage associée à l'idée du paradis perdu et l'attrait de l'art océanien le ressourcent et nourrissent des œuvres monumentales d'un nouveau genre, telles que La Danse pour la Fondation Barnes.

En 1941, gravement malade, Henri Matisse est opéré en urgence à Lyon. Après une longue convalescence, l'artiste a le sentiment qu'une « seconde vie » lui est donnée pour parachever son œuvre. De retour sur la côte d'Azur, il s'installe dans la Villa Le Rêve à Vence dont le jardin luxuriant lui rappelle Tahiti. Créateur exigeant et infatigable, il travaille quotidiennement, le jour comme la nuit. Voient alors le jour de nombreux livres illustrés, les premières œuvres entièrement conçues en papier découpé et les derniers grands tableaux.

Initialement conçu comme un outil de travail permettant de faciliter la recherche de l'équilibre entre la forme et la couleur, les papiers gouachés vont devenir progressivement le mode d'expression privilégié de l'artiste, faisant de la dernière partie de sa vie une nouvelle période d'intense créativité et d'innovation.

« Dessiner avec des ciseaux. Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs.»

(Dominique Fourcade, Ecrits et propos sur l'art, Éditions Hermann, 1972, page 237).

 

Grâce à ce nouveau medium, l'artiste de 80 ans peut concevoir ce qu'il considère comme son chef d'œuvre : La Chapelle du Rosaire à Vence ainsi que des œuvres monumentales et immersives qui colonisent les murs de son appartement atelier du Régina, sur les hauteurs de Nice. Matisse s'éteint à Nice le 3 novembre 1954 au Régina.

Le peintre Henri Matisse

Archives Henri Matisse.
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